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  • Mathilde Supe
  • OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel
  • Artiste en résidence à  OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel

    La ballade de Mathilde Supe

    Exposition, Projection & Work in progress

    OÙ en partenariat avec Cédric Schönwald, critique et le FIDMarseille 25ème édition qui aura lieu du 1 au 7 juillet 2013. <http://www.fidmarseille.org>

    Exposition visible du mercredi au samedi de 15h à 19h jusqu’au 15 juillet et sur rdv contact Mathilde Supe [M.: mathildesupe@gmail.com] [T.: 06 85 03 02 45]

    Avec le soutien de la Ville de Marseille, du Conseil Général 13, du Conseil Régional PACA et des membres de l’association OÙ

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    Texte de Sophie Lapalu

    La ballade de Mathilde Supe

    Sous le toit d’un manège équestre se déroule un ballet de pinceaux à maquillage et de prises de notes, d’attentes et de négociations. Un projecteur passe, le point se fait.Il va pleuvoir. Il pleut. Le pointeur se poste face caméra… nous sourit. Est-ce bien orthodoxe ? Une femme semble parfois jouer à l’actrice.

    Difficile a priori de dessiner les lignes d’une pratique artistique inaugurale ; cependant, si Mathilde Supe n’est qu’à l’esquisse de son œuvre, les traits en sont déjà fortement prononcés. Assistante décorateur sur les plateaux de cinéma sitôt après avoir obtenu son baccalauréat, son parcours exécute une courbe harmonieuse lorsqu’elle entre à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts Paris-Cergy.  Elle y apprend en effet un autre type de montage, celui de la vidéo. Alors qu’elle travaille sur un tournage où opère Caroline Champetier, la directrice de photographie ayant mené la profession à son excellence, le désir se fait d’un film réalisé avec les chutes, found footage au clair obscur caravagesque. Droits à l’image oblige, le projet est avorté. Pugnace, Mathilde Supe ne se décourage pas : elle rejouera tout puisqu’elle avait tout noté, méticuleusement.

    Documentaire ou mise en scène d’un tournage, Hors Champ est assurément un film sur un film qui s’accomplit. A l’encontre de son titre, tout ce qui n’est pas sensé apparaître est ici ajusté, cerné. Nous n’y discernons ni héroïne ni narration linéaire, mais une chorégraphie de bras tendus, de doigts pointés, de textes répétés, de mesures calculées et de blush apposés. Se profile alors le souvenir du visage de Truffaut surgissant au « coupez ! » de la Nuit Américaine… Ici pourtant nous n’entendrons jamais une parole : si le point se fait sur un visage, le son nous mène quant à lui hors du cadre. Gazouillis d’oiseaux, son de pluie, bourdonnements de machines agricoles éloignent notre regard : nous ne sommes apparemment jamais à portée de voix.

    Projet autotélique, centré sur la production des images avant qu’elles ne s’offrent au spectateur, Hors Champ semble n’avoir pour but que le cinéma, étendu jusqu’entre les prises, jusqu’au clap final – sur lequel nous lisons : « Hors Champ, séquence C(15), prise 1A, octobre 2011. » Nous en doutions un peu.

    Deux ans plus tard, Mathilde Supe assiste Keren Cytter sur un tournage catastrophe, et relate l’aventure dans ce qui ressemble à un journal de bord : Keren Cytter doesn’t like to share (2013). Ce livre a non seulement lui aussi les coutures de la réalisation pour paysage, mais en outre l’expression y est cinématographique. Impossible de délier les deux pratiques : l’écriture se pressent avec l’apprentissage du montage, cette étape décisive où le scenario s’éclate, et où tous les films que l’on aurait pu faire deviennent ceux que l’on ne fera pas. Rapide, hachée, incisive, Supe décrit New-York comme elle le ferait une caméra à la main, anticipant les instants de suspense, décrivant les différents plans.

    « Rampes de parkings, chaînes de remorqueurs… derrière les docks une grande lueur illumine le ciel. Noir à nouveau, crissements, la pression se fait plus forte. »

    Ainsi ses films sont muets et ses livres loquaces, mais ni l’un ni l’autre ne sont démonstratifs ; ils suggèrent, supposent, évoquent. À nous de prendre le temps de relier les éléments offerts lorsque la narration se rompt, se tend puis se resserre. Les images remplacent les mots, quand ce ne sont pas ces derniers qui créent les premières. Qu’importe, Mathilde Supe déambule entre eux constamment, et nous avec elle.

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    (English version)

    Under the big top of an equestrian venue, a ballet of make-up brushes, note taking, expectations and negotiations is unfolding. A spotlight passes, the camera is being focused. It is about to rain. It is raining. The director of photography faces the camera… smiles at us. Sometimes, a woman seems to act like an actress.

    It is difficult to delineate a budding artistic practice. Mathilde Supe might be at the dawn of her career, but the shape of her work is already strongly pronounced. Working as a set designer assistant as soon as she left high school, she took a different direction when she entered the National Superior School of Arts of Paris Cergy. There she learned a different kind of montage: editing in video. While studying as an intern during the editing of a movie filmed by Caroline Champetier (who brought photography direction to excellence), the desire emerged to make a movie with leftover footage, found footage made of Caravaggio-like chiaroscuros. Because of copyright, the project cannot be. Determined, Mathilde Supe never abandons: she will reconstitute everything she observed, as she meticulously took notes of everything.

    Documentary or staging of a set? Hors Champs (literally Off Camera) is for sure a movie about a movie taking form. Contrary to its title, what usually isn’t meant to be seen, is here adjusted, and framed. We cannot distinguish any heroin or clear narration, only a choreography of pointing fingers, rehearsals, measurements and blush make up. It brings back the memory of Truffaut’s face appearing to shout the “Cut” of La Nuit Américaine. Here though, there is no talking. The focus might be on a face, the sound takes us outside the frame: birds chirping, rainfall, and the buzzing of tractors widens our perspective.

    Focused on the making of the images before they are given to the spectator, Hors Champs seems to care only about cinema itself, expanded to what exists between the takes, until the final clap – on which we can read: « Hors Champs, Sequence 1, Take 1A, October 2011 ». We almost started to doubt about it.

    Two years later, Mathilde Supe works as an assistant for the artist Keren Cytter, on a chaotic shooting, and relates the entire adventure in a book taking the shape of a logbook: Keren Cytter Doesn’t Like To Share (2013). This book also takes on as a subject the making of a movie, but the expression is here much more cinematographic. The two practices cannot be separated: the writing was to be predicted with the interest in editing, this decisive step where the script rises into pieces and when all the movies we could have made become the movies we’ll never make. Quick, sharp, Supe describes New York the way she would have caught it with a camera in the hand, anticipating moments of climax, describing trough different frames.

    “Parking ramps, tugboat chains… Behind the docks a vivid light illuminates the sky. Darkness again, screeches, the pressure is getting stronger.”

    Her movies are silent and her books talkative, but none of them are demonstrative. They suggest, evocate. It is up to us to take the time to connect the elements appearing when the narration breaks, tenses up, and tightens again. Images replace words, when they aren’t created by them. Whichever, Mathilde Supe is constantly wandering from one to the other, and takes us with her.

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    Projet pour

    « (…) je te donne les nouvelles de mes recherches et avancées, car j’ai (re)rencontré Cedric hier et ça m’a chamboulé la tête ! (il serait surement surpris de l’apprendre car c’était un rendez-vous très calme, un peu timide, je n’ai pas encore l’habitude de « présenter » mon travail). Je lui ai expliqué que je comptais apporter mon film Hors Champs, montré en projection, quelques éditions à moi, et tourner des portraits pendant la résidence pour fabriquer un « film en cours », un « film possible », un « film à venir ». Il a aimé l’idée d’un film qui n’existerait jamais autrement que dans sa documentation, sa prévision, son imagination. il m’a parlé de Jean-Christophe Royoux, ça l’aurait amusé de le contacter pour lui faire écrire un texte sur une exposition qu’il ne verrait pas, mais qu’il imaginerait. Nous avons parlé du vernissage, du fait qu’il fallait que dès le début il y ait quelque chose à voir, et que ce quelque chose grandisse, se développe, change de forme… mais qu’en tous cas il pré-existe. On a parlé du teaser, qui est une forme que j’aime beaucoup (mon installation de diplôme était basée là dessus). Il a aussi craint que je manque de matière, de générosité, dans les images que je compte tourner, mais je l’ai rassuré: je me suis mise en contact avec pas mal de gens à Marseille, et je sais que c’est encore plus facile d’en rencontrer sur le vif, du coup j’ai déjà quelques acteurs sous la main (dont Chloé Curci que tu connais), et je suis en train d’écrire les petites scènes que je compte leur faire jouer. Toutefois, concernant cette crainte d’un manque de générosité, nous nous sommes aussi interrogés sur l’intérêt pour le spectateur de se retrouver face à un grand paper board, avec des notes et des post-its. en effet, je pense abandonner cette idée, et me concentrer sur la fabrication de mini-scènes, et sur la façon dont je les agencerais pour les faire dialoguer entre elles. Il a enfin émis un doute, quant à sa capacité à écrire à côté de moi, vu que ma pratique d’écriture existe déjà. qu’il ne aurait pas qu’elles se redoublent, ou s’annulent. Il se trouve que je me sens de moins en moins d’écrire à Où. car il faut être réaliste, je me mets déjà au défit de produire pendant une durée très limitée, en plus du festival, de l’exposition, des rencontres… ça fait beaucoup. je préfère rester dans mon domaine, qui est de tourner des images. du coup je vais faire une proposition à Cedric : je vais lui proposer d’écrire le scénario / les dialogue / les sous-titres qui « manquent » aux images que je vais tourner sur place. ainsi nos deux travaux de vidéo et d’écriture pourraient s’assembler, se rejoindre, se contre-dire… pour élargir un peu plus les liens et connexions possibles entre tous ces fragments. J’ai lu l’édito du FID sur Marguerite Duras et les liens entre cinéma et littérature, et j’aime cette idée de faire frontalement dialoguer un écrivain et une vidéaste. j’espère qu’il sera intéressé. (…). » Dixit Mathilde Supe
    Mathilde Supe [M.: mathildesupe@gmail.com] [T.: 06 85 03 02 45]

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    Mathilde Supe

    Née en 1989, vit et travaille à Paris.

    Le travail de Mathilde Supe est principalement constitué de films et de projets éditoriaux.

    Prenant comme point de départ des motifs dramaturgiques ou des objets complémentaires propres au cinéma (tels que la bande annonce, le making-of, ou encore les couloirs dans les films noirs…) elle crée des objets contemplatifs qui, bien que traversant des terrains très codifiés, laissent le spectateur face à un mystère qu’il peut interpréter par lui-même. Son travail textuel quant à lui, est nourri par la forme et la fonction des manuels d’instructions, et se présente comme le début d’un grand inventaire, traversé par la question du « quoi faire ? » au travail. Articulées ensemble, ces deux pratiques tendent à former un ‘’envers du décor’’, des machines à fantasmer qui exposent leurs propres rouages, et offrent au spectateur le point de départ d’une fiction potentielle.

    Parcours

    Après un court passage par l’université pour étudier l’histoire de l’art et la sociologie, a travaillé quelques temps comme assistante sur des plateaux de cinéma. Entre ensuite à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy, et suis en parallèle des stages de montage vidéo. Aux beaux arts elle développe progressivement un travail critique et littéraire, et s’affirme pas à pas comme réalisatrice de films, à cheval entre objets plastiques et fictions cinématographiques. Sa curiosité et de son inspiration sont nourries par la fiction, comment elle se crée et se déploie, comment elle remplace parfois la réalité.

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    Le FID Marseille

    La 25ème édition du FIDMarseille aura lieu  dans une dizaine de lieux de Marseille, cinémas, théâtres, galeries, bibliothèques, plein air et présentera 150 films, pour la plupart des premières mondiales et internationales, dans un programme dense comprenant sélection officielle (compétition internationale/compétition nationale/compétition premiers films), écrans parallèles, tables rondes, expositions, concerts. La 5ème édition du FIDLab, plateforme internationale de soutien à la coproduction, se tiendra les 3 et 4 juillet 2014.

    Retrouvez toute la programmation sur www.fidmarseille.org. Contact  FIDMARSEILLE  14. allée Léon Gambetta13001 Marseille. Anaëlle Bourguignon, Secrétaire Générale – tél :  06 75 51 60 74 – 04 95 04 44 90

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    Prestations  de l’association OÙ

    EXPOSITIONS, CONCERTS, PERFORMANCES, LECTURES, CONFÉRENCES, SPECTACLE VIVANT, DANSE, PROJECTIONS, CONVERSATIONS, MARCHES, DESIGN, ARTS DE LA RUE, ETC…

    OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel58 rue Jean de Bernardy 13001 Marseille. Horaires et jours d’ouverture variables selon les événements in situ.

    OÙ et L’AventurePlace des Cèdres, 58 bis Boulevard Bouge angle rue du Marathon, quartier Malpassé dans le 13ème arrd de Marseille.

    OÙ résidences d’artistesMarseille (13) et Capbreton (40)

    OÙ en tournéeHotel Burrhus Supervues Vaison la Romaine (84), HLM et Galerie du 5ème Marseille (13), etc …

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    Contact

    OÙ bureau – Permanence 152 rue Paradis 13006 Marseille, tous les jours sur rdv

    T : 06 98 89 03 26

    F : 04.91.81.64.34

    M : ounousecrire@club-internet.fr

    W : http://www.ou-marseille.com/

    http://www.cnap.fr/ou-lieu-dexposition-pour-lart-actuel

    http://www.marseilleexpos.com/?page_id=3068

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    Axelle Régine GALTIER

    Présidente et responsable de la programmation artistique de l’association OÙ
    <http://www.facebook.com/axelle.galtier?ref=tn_tnmn>

    Présidente et membre coresponsable des projets de l’association Perspective Trouble
    <http://www.verif.com/societe/ASSOCIATION-PERSPECTIVE-TROUBLE-794538447/>

    Trésorière et membre coresponsable des projets du réseau associatif Marseille expos
    <http://www.marseilleexpos.com/>

    Présidente et membre actif de Take Off Production – Association des Arts du spectacle vivant
    <http://www.manageo.fr/fiche_info/508670429/36/take-off-production.html>

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    Plus d’informations

    Depuis le 1er mai 2000, l’association OÙ expérimente le projet OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel à Longchamp-Friche 13001 – Ceci n’est pas une galerie – Leslie Compan. Le lieu d’exposition de la rue Jean de Bernardy, semble paradoxalement se situer dans un territoire indéterminé qui serait peut-être celui de l’art contemporain. Aménageant les possibles, OÙ est un territoire où se déterminent simultanément les espaces de création et des temps de regards. Mais la quête est ancré dans les réalités économiques et laborieuses de la création et de l’exposition, le lieu travaille à exploiter les contraintes. Ce qui motive OÙ relève davantage de la volonté de refléter le bouillonnement créateur des artistes, la dimension active de leur travail en tant que réalité. OÙ est avant tout LE lieu où l’on produit pour expérimenter, pour engager une quête artistique parfois inattendue. Les expositions présentées provoquent avant tout la rencontre entre les productions différentes et un large public.
    En 2013 un 11 mai, l’événement dans l’espace public OÙ et L’Aventure à Malpassé 13013 voit le jour. Un rendez-vous qui mêle les arts de la rue et arts plastiques, est donné. Cet engagement est un moteur de régénération urbaine, musée à ciel ouvert en plein coeur des quartiers Malpassé 13ème jusqu’à Longchamp-Friche 1er. De quoi faire éclater le carcan des disciplines artistiques (ici, on n’imagine de formes que collaboratives, qui se fichent d’appartenir à un quelconque champ de la culture). Au commencement de cette propagation artistique, le point « OÙ et L’Aventure » à Malpassé 13013 Marseille, un volume de ciment, reste d’une oeuvre de Richard Baquié, l’Aventure, désormais détruite par manque d’entretien. Une dialectique le lie au terminus « OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel » 13001 Marseille. Effectivement, tandis qu’à Malpassé l’espace et les murs extérieurs sont investis des interventions des artistes, le lieu d’exposition OÙ offre la visite d’une exposition dans l’espace et les murs intérieurs. Ces « murs » deviennent un creuset de « situations » et espace d’hospitalité. Les artistes participant aux projets invitent le visiteur à dialoguer, à inventer, à se déplacer, à produire, à tester.

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