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  • Stéphanie Majoral
  • TANT DE LOINTAINS BLEUTÉS
  • Vue d'exposition : "Tant de Lointains bleutés", Stéphanie Majoral. 24e édition du projet SALON DU SALON à Turin, Italie (c/o Mucho Mas project) - Photo Philippe Munda

    SALON DU SALON #24  [Hors-les-murs – Turin, Italie] – MUCHO MAS! Artist-run Space, Corso Brescia 89, 10154 Turin, Italie

    FR

    Tant de lointains bleutés, Stéphanie Majoral

    Regarder, voir, n’est pas une mince affaire. Faire des images pas plus. Questions qui agitent les esthéticiens, les philosophes à l’occasion et bien sûr les artistes. Pour Stéphanie Majoral, il s’agit de mettre à l’épreuve notre regard, notre désir de voir, passés au filtre d’une machine à images – la photographie – et des habitudes de visions que celle-ci endosse sinon valide. Par des procédés discrètement réflexif, rusant avec le point de vue, usant d’images oblitérées, altérées, contrariées, elle interroge les modalités du voir comme notre propre désir de posséder du regard, d’être présent au et par le regard, dans un dialogue avec la peinture, la sculpture et l’architecture. Ici cela sera un renversement de la photographie comme miroir du monde des apparences, qui n’existerait que par le cadre qui l’enserre, offrant ainsi une sorte de fenêtre sur le monde (vieille histoire de la peinture, depuis le 15è siècle et Alberti au moins).

    Pour ce faire, ce sera l’image de paysage, genre emprunté à la tradition picturale. Communément partagé, souvent envisagé comme évidence impensée, il devient motif dans le travail de Stéphanie Majoral, déjà interrogé dans A la lisière (1999-2016) et Clairières (2000) où les images étaient évidées, et aussi par le dessin avec la série des Fenêtre (2012-2013) et celle des Ciel, initiée en 2015. Les œuvres présentées ici poursuivent et développent les motifs de By the lake (2017)  : un grand espace aux résonances d’un romantisme délibérément réduit – la forêt, un plan d’eau comme source de reflet, et l’horizon. Ils sont passés au scalpel d’une d’opération double, la bascule de l’image, l’horizon s’imposant comme verticale, et la disjonction.  Alors qu’avec By the lake l’image était pliée sur elle-même ou rabattue sur une surface miroitante, glissant de l’eau au miroir, ici elle est scindée en son centre. S’extrait un paysage avec greffe, ou un reflet sans origine. Par le dispositif d’accrochage, restent les motifs et leur pendant que l’artiste associe, la partie manquante et son substitut. Disjoints mais accessibles, ils demeurent reliés tant par l’image que par le cadre et le jeu de renvoi des couleurs prélevées, présentes dans leur réduction monochrome, aplats homogènes d’encre d’impression. Du miroir au cadre, ici expérimentés au risque du mur, reste cette verticale tranchante comme un zip de Newman. Se dessine alors une autre économie du regard, sa mise en mouvement, et en interroger la fabrique.

    Nicolas Feodoroff (1) pour SALON DU SALON, Marseille, 2020

    1. Nicolas Feodoroff est diplômé en esthétique, il est critique d’art et de cinéma, commissaire d’exposition, programmateur, membre du comité de sélection du FIDMarseille, et en charge du programme FIDCampus. Il enseigne à l’école des beaux arts de Marseille (ESADMM- Luminy), et contribue régulièrement avec nombre de structures dédiées au cinéma et à l’art contemporain (CPIF, MuCEM, BAL-Paris, Mac-Marseille, ENSP-Arles,  SALON DU SALON).

     

    EN

    Tant de lointains bleutés (1) ,Stéphanie Majoral

    To look, to see, is not so easy. Nor it is to make an image. A question that haunts aestheticians, philosophers sometimes, and of course, that haunts artists. Stéphanie Majoral tries to challenge our gaze, our desire to see, through an image machine – photography – and the perception habits that it endorses, otherwise validates. Through discretely reflexive processes, playing with perception, using obliterated, altered, or disturbed images, the artist questions the methods of observing as our own desire to posses through our gaze, to be present to and by the gaze, in a dialogue with paint, sculpture and architecture.

    In this body of work, it will be photography as a reflection : as a mirror to the world of appearances, which would only exist through the frame surrounding it, thus offering some sort of window on the world (an old history of painting, since the fifteenth century and at least since Alberti).

    To do so, it will be landscape’s images, genre borrowed to pictorial tradition : commonly shared, often envisioned as an unthought blatancy, it becomes motive within Stephanie Majoral’s work, already questioned in Á la lisière (At the edge) (1996-2016) and Clairières (Glades) (2000), where the images were gutted, and also through drawings with the series Fenêtres (Windows) (2012-2013) and Ciels (Skies) initiated in 2015. The works presented here follow and develop the motives of By the lake (2017) : a large open space with deliberately simplified romanticism resonances – the forest, a body of water as source of reflection, and the horizon. They are brought under the scalpel in a double operation, the scale of the image, the horizon imposing itself vertically, and the disjunction. Whereas with By the lake, the image was folded on itself or lowered on a reflecting surface, going from water to mirror : here it is divided in its middle. A grafted landscape is thus derived, or a reflection without an origin. Through the installation device, the motives stay aswell as the counterparts that the artist associates : the missing part, and its substitute. Disjointed but accessible, they stay linked as much by the image than by the frame and the back and forth game of the colours extracted, present in their monochrome reduction, homogeneous flat tint of printing ink. Experimental with the risk presented by the wall, from mirror to frame, this sharp idea of the vertical stays, like a Newman’s zip. Then emerges a different gaze economy, its motion setting, and the questioning of the elaboration.

    Nicolas Feodoroff (2) , for SALON DU SALON, Marseille, 2020.

     

    1. So many distant blues

    Nicolas Feodoroff is a graduate in aesthetics, art and cinema critic, curator, programmer, member of the selection committee of the FIDMarseille, and in charge of the FIDCampus program. He teaches at the Marseille’s Fine Art school (ESADMM-Luminy) and regularly contributes with structures dedicated to cinema and contemporary art (CPIF, MuCEM, BAL-Paris, Mac-Marseille, ENSP-Arles, SALON DU SALON).

     

     

    Project initiated and carried out by Philippe Munda for Salon du Salon.
    SALON DU SALON received the support of the French Institute and the City of Marseille

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